Issue d’une formation littéraire, Sirine Majdi-Vichot s’est formée en autodidacte à la photographie. Dans son travail, la forme du livre occupe une place essentielle. Il est pensé comme un espace au sein duquel ses photographies, des fragments de ses textes et des images d’archives coexistent afin d’éprouver ce qui compose la mémoire. Elle y explore en particulier les impacts de l’immigration et de l’assimilation sur la construction de soi.

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"J’aime l’idée que, par l’image, quelque chose puisse advenir qui ne soit pas seulement de l’ordre de la représentation. En cela, je crois en la dimension poétique de la photographie, en sa capacité à créer les conditions d’existence de certaines choses. Il me semble que, grâce à la prise de vue, des réalités intangibles parviennent parfois à se manifester. Parce qu’une image a été désirée, cadrée, déposée sur la surface sensible d’une pellicule, d’un coup ce qui y apparaît peut perdurer. La forme d’une émotion, d’une croyance ou d’un désir se dessine et peu importe ce que c’est : ce qui est là, par l’image, ne peut plus être contesté. Il arrive que, face à cette affirmation d’existence, quelque chose résiste. Dans ces moments- là, rien n’est totalement empêché, mais des contours s’imposent et contraignent l’avènement de l’image. L’image espérée doit alors s’infléchir, permettre un compromis. C’est ici que se situe mon travail, à l’endroit où l’image, silencieuse, se courbe mais tient bon."

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